La Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) négocie avec l’opérateur ouest-africain Scanning Systems la conception, le financement et la réalisation de quatre postes de contrôle juxtaposés pilotes. Cette initiative s’inspire directement des PCJ de Cinkansé et Laléraba, devenus des références dans l’UEMOA. Elle intervient alors que la zone enregistre un regain de compétitivité-prix de ses exportations hors hydrocarbures au premier trimestre 2026, tiré par une monnaie plus faible et une inflation maîtrisée.
CEMAC : l’Afrique centrale s’inspire du modèle frontalier ouest-africain
Quatre postes de contrôle juxtaposés pilotes, calqués sur les PCJ de Cinkansé et Laléraba, pour fluidifier les corridors et doper la compétitivité.
PCJ de Cinkansé & Laléraba
Postes de contrôle juxtaposés conçus et exploités par Scanning Systems (groupe Tassec). Réduction des délais de passage et fluidification des échanges. Modèle éprouvé, opérateur africain.
4 postes pilotes en négociation
Négociations avancées avec Scanning Systems pour concevoir, financer et réaliser quatre PCJ. Objectif : moderniser les corridors engorgés et s’appuyer sur un partenaire africain.
Regain de compétitivité-prix au premier trimestre 2026, tiré par une monnaie plus faible et une inflation maîtrisée.
Inspirés des PCJ de Cinkansé et Laléraba (UEMOA), conçus par Scanning Systems.
La CEMAC veut reproduire le modèle sur quatre corridors stratégiques.
Scanning Systems, filiale du groupe Tassec Investment Holdings, déjà opérationnel à Laléraba.
Regain de compétitivité-prix des exportations hors hydrocarbures au T1 2026.
Corridors concernés (schéma de principe)
Note : 4 sites pilotes en cours de négociation. Les corridors exactes seront précisés par la CEMAC.
EN BREF
La CEMAC négocie avec Scanning Systems pour implanter quatre postes de contrôle juxtaposés, sur le modèle des PCJ de Cinkansé et Laléraba. L’objectif : fluidifier les corridors, réduire les délais et renforcer la compétitivité des exportations de la zone, qui connaît un regain de compétitivité-prix au premier trimestre 2026.
Un modèle venu de l’Ouest
La visite, le 18 juin, d’une délégation de la Commission de la CEMAC accompagnée de représentants de l’UEMOA sur le site de Laléraba, à la frontière entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, n’est pas anodine. Ce poste de contrôle juxtaposé, conçu et exploité par Scanning Systems, filiale du groupe Tassec Investment Holdings, est présenté comme une infrastructure capable de réduire considérablement les délais de passage et de fluidifier les échanges. En s’engageant dans des négociations avancées pour reproduire ce modèle sur quatre sites pilotes, la CEMAC reconnaît implicitement le retard de l’Afrique centrale en matière de facilitation des échanges. L’enjeu est double : il s’agit de moderniser des corridors commerciaux souvent engorgés et de s’appuyer sur un partenaire africain ayant déjà fait ses preuves, plutôt que de recourir à des opérateurs internationaux.
Compétitivité retrouvée, mais fragilité structurelle
Les données publiées par la Banque centrale de la CEMAC pour le premier trimestre 2026 confirment une amélioration des indicateurs de compétitivité-prix. Hors pétrole et gaz naturels, les produits exportés par la zone sont devenus 2,1 % moins chers sur les marchés internationaux, après 1,9 % au trimestre précédent. Ce gain résulte d’une dépréciation de la monnaie commune de 1,3 % face aux devises des partenaires commerciaux sur le segment export, et d’une inflation mieux maîtrisée dans la CEMAC que chez ses concurrents. Les importations, elles, voient leur coût relatif se réduire de 0,7 %, un chiffre moins favorable mais toujours positif. La Banque centrale estime que les exportations contribuent pour 0,6 point à ce regain de compétitivité, contre 0,5 point pour les importations. Ce contexte macroéconomique favorable offre une fenêtre d’opportunité pour accélérer les réformes structurelles.
L’enjeu de l’intégration régionale
Cependant, la compétitivité-prix ne suffit pas si les barrières non tarifaires et les lenteurs aux frontières annihilent ces avantages. Les postes de contrôle juxtaposés sont précisément conçus pour réduire les coûts de transaction et les délais de passage. En important un modèle développé en Afrique de l’Ouest, la CEMAC cherche à rattraper son retard en matière d’intégration régionale. Les études préliminaires de faisabilité des quatre futurs PCJ ayant été validées, le projet pourrait entrer rapidement en phase de réalisation. Cette démarche s’inscrit dans une tendance plus large : la montée en puissance d’opérateurs africains spécialisés dans les infrastructures de facilitation des échanges, capables de proposer des solutions adaptées aux réalités locales.
La CEMAC semble avoir pris conscience que la compétitivité de ses exportations passe aussi par des infrastructures modernes et une meilleure fluidité des corridors. En s’inspirant de l’expérience ouest-africaine, elle ouvre la voie à un transfert de compétences intra-africain qui pourrait, s’il est mené à bien, transformer les échanges dans la sous-région. Reste à savoir si la volonté politique et les financements suivront pour généraliser ces postes pilotes à l’ensemble de la zone.