Le 25 juin 2026, Abidjan a donné le coup d’envoi de la tournée de promotion de son Plan national de développement (PND) 2026-2030 depuis Paris, devant les entreprises françaises réunies par le MEDEF International et le CIAN. D’un montant total de 114 838,5 milliards de francs CFA (environ 175 milliards d’euros), ce programme quinquennal mise sur une contribution du secteur privé à hauteur de 70,2 %. Cette ambition intervient alors que la Côte d’Ivoire cherche à consolider son statut de hub régional dans un espace ouest-africain marqué par un déficit croissant d’infrastructures et une recomposition des flux de capitaux.

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Un plan colossal et un pari sur le privé

Le PND 2026-2030, présenté le 26 juin 2026 à Paris par le ministre du Plan Souleymane Diarrassouba, prévoit un investissement total de 114 838,5 milliards FCFA. L’État ne contribuera qu’à hauteur de 34 223,9 milliards (29,8 %), laissant au secteur privé la charge de 80 614,7 milliards (70,2 %). Ce ratio, l’un des plus élevés de la région, traduit la volonté de faire du privé le moteur de la transformation économique. Le gouvernement s’appuie sur des performances macroéconomiques solides : une croissance moyenne de 6,5 % entre 2021 et 2025, une prévision de 7,2 % pour 2026-2030, un déficit budgétaire maîtrisé à 3 % du PIB et des notations souveraines Ba2/BB/BB avec perspective stable.

Le portefeuille d’investissements couvre les infrastructures, l’énergie, les transports, l’agriculture et l’agro-industrie, l’industrie manufacturière, la santé, la formation professionnelle et le numérique. Ce dernier secteur confirme l’ambition affichée lors du salon des téléphones et applications mobiles d’Abidjan en mai 2026, qui visait à structurer une filière mobile autour des acteurs locaux. La diversification des sources de croissance est au cœur de la stratégie, alors que l’économie ivoirienne reste dépendante du cacao et du pétrole.

Le choix de Paris comme première étape du road show n’est pas anodin. Les relations bilatérales avec la France se sont renforcées ces dernières années : les échanges commerciaux ont bondi de 47 % depuis 2021 pour atteindre 3,91 milliards d’euros en 2025, et les financements français en cours s’élèvent à 3 milliards d’euros. Lors de la rencontre, les discussions ont porté sur la structuration des partenariats public-privé (PPP), les marchés publics et l’agroforesterie. Cette étape précède le Groupe consultatif prévu les 8 et 9 juillet à Abidjan, où d’autres investisseurs seront sollicités.

Ce road show s’inscrit dans un contexte régional de recomposition des financements. Le déficit d’infrastructures en Afrique de l’Ouest est estimé à 118 milliards de dollars par l’Infrastructure Consortium for Africa (mai 2026), et les États se tournent de plus en plus vers le privé pour le combler. La Côte d’Ivoire entend tirer parti de sa stabilité relative et de sa position de hub pour capter une part de ces capitaux, alors que la concurrence s’intensifie avec d’autres pays comme le Sénégal ou le Ghana. La tournée de promotion se poursuivra sur d’autres places financières, dont probablement Londres et New York.

Au-delà de la promotion du PND, ce road show parisien est un test pour la crédibilité du modèle ivoirien de financement du développement. Sa capacité à attirer les investisseurs privés dans un environnement régional instable sera déterminante pour la transformation économique du pays, mais aussi pour l’écosystème ouest-africain de financement des infrastructures. Le succès de cette démarche pourrait influencer d'autres États de la région confrontés aux mêmes défis.

Données de référence : Solde budgétaire : -3.0% (FMI) · Croissance du PIB réel : 6.5% (FMI)