La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) a porté ses engagements au Togo à 935,8 milliards FCFA en 2025, avec des décaissements en progression de 82 % sur un an. Ces chiffres, officialisés en milieu d'année 2026, révèlent une accélération nette de la mise en œuvre des projets, alors que la banque consolide sa notation A auprès de l'agence japonaise JCR et élargit ses mécanismes de financement en monnaie locale.
Accélération record des décaissements
+82 % en un an · 935,8 milliards FCFA engagés · 64 projets
Priorités sectorielles
Mécanismes de financement
en monnaie locale
lignes vertes
garanties
Un déploiement record au service de la transformation économique
L'année 2025 marque un tournant dans l'intervention de la BOAD au Togo. Avec 935,8 milliards FCFA engagés sur 64 projets, l'institution financière régionale, dont le siège est à Lomé, a injecté 698,5 milliards FCFA de décaissements, soit une hausse spectaculaire de 82 % par rapport à 2024. Le taux de décaissement annuel passe ainsi de 16 % à 23,7 %, signe d'une exécution accélérée des investissements. Cette montée en puissance s'inscrit dans la stratégie de la BOAD visant à accroître son rôle de catalyseur du développement en Afrique de l'Ouest, alors que les besoins d'infrastructures et de création d'emplois restent immenses.
Des priorités sectorielles qui reflètent les choix de l'intégration régionale
Les infrastructures de transport et les technologies de l'information et de la communication (TIC) concentrent la plus grosse enveloppe sectorielle : 269,9 milliards FCFA, soit 28,8 % des financements. Ce choix n'est pas anodin dans un espace UEMOA où la connectivité physique et numérique est un levier essentiel de l'intégration. Les secteurs sociaux (santé, éducation) ne captent que 5,4 % des engagements (50,1 milliards), une part modeste mais qui pourrait être compensée par des financements bilatéraux ou des fonds climatiques.
La création de valeur et d'emplois : le cœur de la stratégie
Parmi les trois priorités affichées – résilience climatique (129,6 milliards), intégration régionale (131,9 milliards) et création de valeur et d'emplois productifs – c'est ce dernier volet qui absorbe 72 % des engagements, soit 667,6 milliards FCFA. Deux projets emblématiques illustrent cette orientation. La Cité ministérielle de Lomé, un complexe de 18 immeubles destiné à regrouper les services publics, bénéficie d'un financement initial de 20 milliards FCFA de la BOAD et devrait générer 1 100 emplois directs et indirects, ainsi qu'une valeur ajoutée annuelle estimée à 11 milliards FCFA. L'autre projet, un programme d'appui à la mécanisation et à l'irrigation agricole, vise à transformer un secteur clé pour l'emploi rural.
Une dynamique qui s'appuie sur la solidité financière de la BOAD
Cette accélération intervient dans un contexte de renforcement de la crédibilité de la banque. En mai 2026, l'agence japonaise JCR a attribué la note « A » à la BOAD, consolidant son accès aux marchés de capitaux. Par ailleurs, des accords de prêts croisés avec la Société Financière Internationale (SFI) ont été mis en place pour développer le financement en monnaie locale, un enjeu crucial pour réduire le risque de change dans la zone UEMOA. La BOAD s'engage aussi dans le financement climatique via une taxe carbone, comme en témoigne l'appel à manifestation d'intérêt lancé fin mai 2026.
Le Togo, laboratoire de l'intervention de la banque régionale
En tant que pays hôte du siège, le Togo bénéficie d'une proximité institutionnelle avec la BOAD, mais l'ampleur des engagements en 2025 dépasse ce simple avantage. Le pays mise sur des projets structurants pour accélérer sa transformation, tandis que la banque régionale voit dans ces opérations un moyen de démontrer son efficacité opérationnelle. Les décaissements plus rapides (23,7 % contre 16 % en 2024) indiquent une meilleure coordination entre l'institution et les autorités togolaises, un signal positif pour les partenaires au développement.
Cette dynamique pose la question du modèle de financement du développement en Afrique de l'Ouest : la BOAD devient-elle un acteur incontournable pour des États qui peinent à mobiliser des ressources concessionnelles ? Alors que les appels à débloquer 25 milliards de dollars pour le continent se multiplient lors des réunions de la Bad à Brazzaville, l'exemple togolais montre qu'une banque régionale peut jouer un rôle d'accélérateur, à condition de maintenir un rythme de décaissement soutenu et de diversifier ses sources de financement.