La Banque mondiale a ouvert un poste de stagiaire économiste au sein de son unité de gestion de programmes de coopération (UGPC) pour la Côte d'Ivoire, le Bénin, la Guinée et le Togo. Ce stage, intégré au programme WBG Pioneers, vise à attirer des étudiants ouest-africains pour contribuer à la gestion d'un portefeuille de près de 10,8 milliards de dollars. Cette initiative intervient dans un contexte de croissance constante des opérations de la Banque dans la région et s'inscrit dans une tendance plus large de développement des compétences locales pour piloter des projets d'infrastructure et de réforme.

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Un vivier de talents pour une région stratégique

L'Unité de gestion de portefeuille (UGP) de CIV, qui couvre quatre pays de l'UEMOA, supervise un portefeuille régional et national en forte expansion. Selon l'offre de stage, ce portefeuille a connu une croissance soutenue sur les cinq dernières années, atteignant 10,8 milliards de dollars. Ce montant reflète l'engagement croissant de la Banque mondiale dans des domaines clés comme l'énergie, les transports et la gouvernance, en lien avec les priorités nationales et régionales. Le stagiaire recruté aura pour mission d'appuyer les équipes dans l'élaboration et le suivi des Cadres de partenariat national (CPN), qui alignent les financements sur les stratégies de développement de chaque État.

Un portfolio en pleine mutation

La croissance du portefeuille n'est pas un simple effet d'annonce. Elle s'inscrit dans une dynamique régionale où les besoins d'infrastructures sont immenses, comme en témoignent les récents investissements dans le Système d'échanges d'énergie électrique ouest-africain (WAPP). Plus de 4 000 kilomètres de lignes haute tension ont été construits pour interconnecter les réseaux de 15 pays de la CEDEAO, un chantier financé en partie par la Banque mondiale. Parallèlement, des réformes de gouvernance des entreprises publiques sont en cours, notamment en Côte d'Ivoire, où l'institution exporte son modèle de suivi. Ces chantiers nécessitent des compétences pointues en gestion de projet et en analyse économique, que le programme WBG Pioneers entend cultiver en interne.

Renforcer les capacités locales : un virage stratégique

Historiquement, la Banque mondiale s'appuyait largement sur des experts internationaux pour concevoir et superviser ses opérations en Afrique. Mais la tendance change. En mai 2026, la Banque a lancé des initiatives pour renforcer le financement en monnaie locale dans l'UEMOA, afin de soutenir le secteur privé et la création d'emplois. Ce virage vers une plus grande appropriation locale se manifeste aussi par le recrutement de talents régionaux. Le stage proposé s'inscrit dans cette logique : former une nouvelle génération d'économistes capables de comprendre les réalités locales tout en maîtrisant les standards internationaux de la Banque. L'unité de gestion de crise (UGC) et la collaboration avec l'IFC et la MIGA offrent une exposition directe aux mécanismes de financement du développement.

Implications pour l'avenir de la coopération en Afrique de l'Ouest

Au-delà du simple stage, cette annonce révèle une stratégie de long terme. La Banque mondiale cherche à créer un réseau d'anciens participants qui deviendront des relais dans les administrations et le secteur privé. Dans un contexte où les pays de l'UEMOA font face à des défis de surendettement et de volatilité des matières premières, disposer de cadres formés aux outils de la Banque peut améliorer la qualité des politiques publiques. Le FMI, de son côté, a récemment révisé ses perspectives de croissance pour l'Afrique, soulignant les disparités entre les économies les plus performantes et les plus fragiles. Former des économistes capables de naviguer entre ces exigences devient un enjeu de souveraineté économique.

Cette initiative de la Banque mondiale s'inscrit dans une tendance plus large de régionalisation et de localisation de l'aide. Alors que les institutions de Bretton Woods adaptent leurs modèles d'intervention, la question se pose de savoir si ces formations donneront naissance à une nouvelle génération de décideurs capables de transformer les priorités internationales en solutions ancrées dans les réalités ouest-africaines.