En marge de la 8e édition du Salon des produits et services algériens à Nouakchott, 25 nouveaux accords et mémorandums d’entente ont été signés entre opérateurs économiques algériens et mauritaniens, portant le total à 52. Cette dynamique, qui couvre des secteurs aussi variés que l’industrie, les mines ou la santé, révèle une intensification des liens entre l’Algérie et la Mauritanie. Elle s’inscrit dans un mouvement plus large de recomposition des partenariats en Afrique de l’Ouest, où les pays maghrébins cherchent à diversifier leurs débouchés.
52 accords Algérie-Mauritanie : le Maghreb mise sur l'Afrique de l'Ouest
En marge du Salon des produits algériens à Nouakchott, 25 nouveaux accords portent le total à 52. Une dynamique multisectorielle qui révèle une recomposition des partenariats en Afrique de l'Ouest.
Secteurs couverts par les accords
Chaîne de valeur complète — du primaire au tertiaire
Logiques croisées
- Diversifier une économie longtemps dépendante des hydrocarbures
- Conquérir des parts de marché en Afrique subsaharienne
- Attirer des investissements
- Réduire sa dépendance vis-à-vis des partenaires historiques (Europe, Chine)
Corridor économique
Une plateforme économique en pleine expansion
Le Salon des produits et services algériens, organisé à Nouakchott, s’affirme comme un vecteur clé du rapprochement bilatéral. Avec 52 accords signés depuis son lancement, il dépasse le cadre d’une simple foire commerciale pour devenir une plateforme de partenariats stratégiques. Les secteurs concernés – mines, câbles électriques, équipements médicaux, start-up, enseignement supérieur – témoignent d’une volonté de couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur, du primaire au tertiaire.
Les logiques économiques et géopolitiques
Ce dynamisme répond à plusieurs logiques. Pour l’Algérie, il s’agit de diversifier une économie longtemps dépendante des hydrocarbures, en conquérant des parts de marché en Afrique subsaharienne. La Mauritanie, de son côté, cherche à attirer des investissements et à réduire sa dépendance vis-à-vis de ses partenaires historiques, notamment européens et chinois. Le choix de l’Algérie n’est pas anodin : les deux pays partagent une longue frontière et des liens culturels, facilitant les échanges.
Une concurrence régionale implicite
Cependant, ce rapprochement intervient dans un contexte ouest-africain marqué par l’essor des productions énergétiques locales. Le Sénégal, voisin immédiat de la Mauritanie, a enregistré un excédent commercial record en mars 2026 grâce à son pétrole et son gaz. Cette montée en puissance des ressources nationales pourrait modifier les équilibres commerciaux régionaux. Dans ce paysage, l’Algérie cherche à se positionner comme un fournisseur alternatif de biens d’équipement et de services, complémentaire aux ressources extractives locales.
Des secteurs porteurs pour l’avenir
Parmi les accords signés, ceux liés aux start-up et à l’enseignement supérieur indiquent une volonté d’innovation. Le partenariat entre établissements de recherche et entreprises laisse entrevoir des transferts de compétences. De même, les accords dans le secteur minier pourraient renforcer l’exploitation des richesses mauritaniennes (fer, or, cuivre) avec un soutien technique algérien.
Au-delà des 52 accords, c’est un modèle de coopération Sud-Sud qui se dessine entre l’Algérie et la Mauritanie. Cette dynamique interroge la place des économies nord-africaines dans l’intégration régionale ouest-africaine, alors que la CEDEAO et l’UEMOA cherchent à renforcer leurs chaînes de valeur. La multiplication de ces partenariats bilatéraux pourrait-elle préfigurer une nouvelle architecture des échanges en Afrique ?


