Le Sénégal entend porter sa production de coton-graine à 35 000 tonnes en 2026/2027, soit une hausse de 40 % par rapport à la campagne précédente. Un objectif ambitieux soutenu par un budget de 3,5 milliards FCFA, mais qui se heurte à la cherté des engrais et aux orientations de la BCEAO. Cette décision, prise en réunion interministérielle le 30 juin, s'inscrit dans une tentative de sortir de l'instabilité chronique de la filière, mais son succès dépendra de facteurs externes et monétaires.

Infographie — Coton

La relance cotonnière sénégalaise illustre le dilemme de nombreux pays ouest-africains : comment concilier ambition agricole et contrainte monétaire ? Alors que les cours du coton restent volatils et que les engrais voient leur prix fluctuer au gré des décisions américaines et des tensions géopolitiques, la BCEAO devra trouver un équilibre entre lutte contre l'inflation et soutien à la production. Cette décision, plus large que la seule filière coton, déterminera en partie la capacité de la région à renforcer sa souveraineté alimentaire et à réduire sa dépendance aux importations.