La Mauritanie et le Mali ont officialisé le 29 avril 2026 les contrats de construction de deux lignes haute tension reliant leurs réseaux électriques, dans le cadre du projet régional de l’OMVS. Ce maillon stratégique, doté d’un budget de 135 millions de dollars, vise à stabiliser l’approvisionnement électrique et à électrifier les zones rurales. Il s’inscrit dans la dynamique d’intégration des infrastructures énergétiques en Afrique de l’Ouest, portée par des bailleurs de fonds internationaux.
Les contrats signés à Nouakchott portent sur deux tronçons : 114 km de Kiffa à Tintane confiés au consortium Sino Hydro-SOCOL, et 70 km de Tintane à Aioun attribué à JSPDI-CPECC. Le coût total de 135 millions de dollars est financé par la Banque africaine de développement, le Fonds d’investissement pour le climat et le Fonds OPEP. Ces lignes s’inscrivent dans le projet plus vaste « Ligne d’espoir électrique » qui doit relier Nouakchott à Nema, structurant ainsi le réseau mauritanien.
Ce projet illustre le rôle central de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) dans l’intégration énergétique sous-régionale. Bien que la Mauritanie ne soit pas membre de la CEDEAO, elle participe à ce cadre qui facilite les interconnexions transfrontalières. La ligne s’intègre également au West African Power Pool (WAPP), visant à créer un marché régional de l’électricité.
Au-delà de la technique, ce maillon a des implications géopolitiques et économiques. Pour le Mali, en proie à des difficultés d’approvisionnement et d’insécurité, cette connexion ouvre une diversification des sources électriques. Pour la Mauritanie, elle permet de valoriser sa production excédentaire et d’étendre son réseau intérieur. La présence de groupes chinois (Sino Hydro, JSPDI, CPECC) et de consultants européens (Artelia, S4E) reflète la multiplicité des acteurs sur le marché des infrastructures africaines.
Le volet rural est central : le projet prévoit le raccordement de localités éloignées au réseau national, ce qui pourrait améliorer l’accès à l’électricité dans des zones aujourd’hui isolées. Restent les défis d’exploitation et de maintenance dans un contexte sécuritaire fragile, ainsi que la question de la rentabilité économique pour les opérateurs.
Cet accord montre que les projets d’interconnexion avancent en Afrique de l’Ouest malgré les obstacles politiques et sécuritaires. Il interroge cependant sur la capacité à transformer ces infrastructures en services durables pour les populations, au-delà de la mise en service.