La Bourse régionale de l'UEMOA a enregistré une sixième séance consécutive de hausse le 20 août 2026, portée par la rotation entre les deux géants des télécoms, Orange CI et Sonatel. Cette dynamique s'inscrit dans un contexte de liquidité abondante et de politique monétaire de la BCEAO, qui interroge sur la capacité du marché à canaliser ces flux vers l'économie réelle.

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Une rotation des grandes capitalisations télécoms

La BRVM-Composite a poursuivi sa progression entamée le 12 août, avec un gain de 5,6 % sur la période. Le 20 août, l'indice a clôturé à 519,59 points, en hausse de 0,75 %, porté par Orange Côte d'Ivoire, qui a bondi de 3,56 % à 20 205 FCFA, ajoutant 104,71 milliards FCFA à la capitalisation totale. Cette performance succède à celle de Sonatel la veille, qui avait injecté près de 190 milliards FCFA. Ce basculement entre les deux poids lourds des télécoms illustre une rotation sectorielle, les investisseurs réallouant leurs positions au sein d'un même secteur.

Des performances contrastées et des volumes en retrait

Au-delà des télécoms, la séance du 20 août a été marquée par des écarts notables. TotalEnergies Marketing Sénégal a signé la plus forte hausse (+7,16 %), suivie de NEI-CEDA CI et CIE CI, tandis que SAPH CI a chuté de 7,45 %, reflétant une volatilité accrue sur les valeurs industrielles. Les volumes totaux ont atteint 3,50 milliards FCFA, en léger retrait par rapport à la séance précédente (3,64 milliards FCFA), mais l'activité reste concentrée sur les grandes signatures, Sonatel représentant 15,75 % des volumes transigés.

Un contexte monétaire propice

Cette effervescence boursière intervient dans un environnement monétaire particulier. La BCEAO, qui pilote la politique monétaire de l'UEMOA, maintient un taux directeur qui, bien qu'en léger repli depuis 2025, reste à un niveau historiquement élevé. La liquidité abondante cherche des placements rentables, et les valeurs sûres comme les télécoms attirent les investisseurs. La concentration croissante sur ces titres, ainsi que l'appétit pour le risque visible sur des valeurs comme CIE CI (+7,47 %) ou UNIWAX CI (+7,30 %), témoignent d'une dynamique qui dépasse les seules valeurs bancaires traditionnelles.

Une concentration qui interroge

La progression de l'indice repose en grande partie sur les performances de Sonatel et d'Orange CI, qui représentent une part importante de la capitalisation totale. Cette concentration soulève des questions sur la solidité du mouvement haussier et sur la capacité du marché à soutenir une croissance plus large. Les volumes échangés, bien qu'en hausse, restent modestes au regard des capitalisations en jeu, ce qui suggère que le marché est encore étroit et dépendant de quelques valeurs.

Alors que la BRVM semble entrer dans une phase de hausse soutenue, la question demeure : cette dynamique, portée par les télécoms et une liquidité abondante, pourra-t-elle s'élargir à d'autres secteurs et contribuer durablement au financement de l'économie réelle de l'UEMOA ?