La Banque Ouest-Africaine de Développement a inauguré le 9 mai 2026 ses nouveaux locaux à Dakar, un geste que son président Serge Ekué présente comme un signal fort de proximité avec les États membres. Cette installation s’accompagne du lancement du plan stratégique « Djoliba, the sequel », doté de 6 500 milliards de FCFA, soit près du double du programme précédent. Dans un contexte de raréfaction des financements internationaux, la BOAD entend confirmer son rôle de bras financier de l’UEMOA, en se rapprochant des réalités économiques locales et en élargissant ses liens avec le secteur privé.
BOAD : nouveau cap stratégique
Inauguration du siège dakarois et lancement du plan « Djoliba, the sequel » — un double signal de proximité et d'ambition pour l'UEMOA.
Évolution de la BOAD
Secteurs prioritaires 2026-2030
La banque ne veut plus être perçue comme une institution lointaine, mais comme un acteur immergé dans la vie réelle des populations.
Les 8 pays de l'UEMOA
L’inauguration des nouveaux bureaux de la mission résidente de la BOAD au Sénégal, jeudi, n’a pas été une simple cérémonie protocolaire. Serge Ekué a clairement indiqué qu’il s’agissait d’un message adressé à la fois au Sénégal et à l’ensemble de l’Union. La banque ne veut plus être perçue comme une institution lointaine, mais comme un acteur immergé dans la vie réelle des populations. L’espace a été conçu pour accueillir partenaires, clients et investisseurs dans un cadre transparent et professionnel, reflet d’une nouvelle philosophie de gestion.
Cette proximité affirmée s’inscrit dans un mouvement plus large de transformation stratégique. Le plan « Djoliba, the sequel » pour la période 2026-2030 prévoit une enveloppe de 6 500 milliards de FCFA, soit une augmentation de près de 100 % par rapport au plan précédent. Les secteurs prioritaires restent les infrastructures, l’énergie, le logement social, mais aussi la santé et le numérique, témoignant d’une volonté de couvrir l’ensemble des besoins de développement.
Le choix du Sénégal pour accueillir cette nouvelle antenne n’est pas anodin. Le pays, moteur économique de l’UEMOA, ambitionne de devenir un hub régional. En installant des équipes capables d’accompagner ses ambitions sur plusieurs décennies, la BOAD se positionne comme un partenaire de long terme. Serge Ekué a d’ailleurs évoqué une perspective de 20, 30, voire 50 ans, un horizon qui dépasse les cycles politiques traditionnels.
Ce renforcement intervient dans un environnement international marqué par le resserrement des financements et l’incertitude géopolitique. Les banques multilatérales traditionnelles réduisent leur exposition à certains risques, tandis que les investisseurs privés deviennent plus sélectifs. Dans ce contexte, la BOAD entend jouer un rôle contra-cyclique, en maintenant un haut niveau d’investissement public régional.
La banque insiste sur le fait qu’elle n’est pas « obsédée par le résultat net », mais par l’impact social. Cette posture la différencie des banques commerciales et des fonds d’investissement. Pour les États membres, elle représente une source de financement stable, alignée sur leurs priorités nationales, sans les conditionnalités parfois lourdes des institutions de Bretton Woods.
Ce déploiement s’inscrit dans une dynamique régionale plus vaste. Quelques jours plus tôt, la BCEAO tenait à Dakar une conférence sur les crypto-actifs et la monnaie numérique, tandis que l’Association des banques centrales africaines y installait son bureau. La multiplication de ces événements dans la capitale sénégalaise suggère une volonté collective de renforcer les institutions ouest-africaines face aux défis globaux.
L’ouverture de ces nouveaux locaux et le doublement du budget stratégique de la BOAD signalent une ambition claire : faire de la banque le levier principal du développement régional, en phase avec les besoins réels. Reste à savoir si cette montée en puissance pourra compenser le retrait progressif des financements externes et répondre aux attentes croissantes des populations ouest-africaines.