Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a fermement condamné les attaques terroristes survenues au Mali le 26 avril 2026, réaffirmant la solidarité de Dakar. Ce geste diplomatique intervient dans un contexte où l'insécurité dans le Sahel pèse lourdement sur les climats d'investissement. La réaction du Sénégal, pilier économique de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), met en lumière les fragilités sécuritaires qui entravent le développement des affaires dans la région.
La condamnation publique du président Faye n'est pas anodine. Elle intervient alors que le FMI et la Banque mondiale, réunis à Washington la semaine dernière, ont réitéré leurs alertes sur l'impact économique de l'insécurité au Sahel. Selon leurs dernières projections, la croissance de l'UEMOA pourrait reculer de 0,8 point cette année si la situation sécuritaire ne s'améliore pas. Le Mali, deuxième économie de l'Union après la Côte d'Ivoire, voit déjà ses investissements directs étrangers chuter de 12 % sur un an.
Derrière la solidarité affichée, se joue une réalité économique impitoyable. Le Sénégal partage une longue frontière avec le Mali, et toute déstabilisation de son voisin menace directement ses chaînes d'approvisionnement. Les échanges commerciaux entre les deux pays représentent près de 150 milliards de francs CFA par an, principalement dans l'agroalimentaire et les matériaux de construction. Les attaques terroristes perturbent ces flux, renchérissent les coûts de transport et découragent les investisseurs.
La réaction de Dakar s'inscrit aussi dans un jeu diplomatique plus large. Le Sénégal tente de préserver des relations équilibrées entre la CEDEAO, dont le Mali est un membre contesté, et la nouvelle Alliance des États du Sahel. Pour les institutions financières internationales, cette volatilité politique et sécuritaire complique le décaissement des aides. Le FMI a déjà conditionné une partie de son programme d'appui au Mali à des progrès en matière de sécurité et de gouvernance.
Pour les entreprises ouest-africaines, l'incertitude est le principal ennemi. Les primes d'assurance contre les risques politiques ont grimpé de 20 % dans la région depuis janvier. Les grands projets d'infrastructure transfrontaliers, comme le corridor Dakar-Bamako, sont menacés de retard. Les opérateurs économiques maliens et sénégalais plaident pour une réponse régionale coordonnée, seule capable de rassurer les bailleurs de fonds internationaux.
Le geste de Bassirou Diomaye Faye, au-delà de la solidarité fraternelle, rappelle que la sécurité est le socle de toute prospérité économique partagée. Alors que la CEDEAO et l'UEMOA cherchent des solutions durables, le rôle du FMI et de la Banque mondiale devient crucial pour financer des mécanismes de résilience. L'Afrique de l'Ouest doit prouver que la coopération sécuritaire et économique peut aller de pair, sous peine de voir les investisseurs se tourner vers d'autres horizons.