Le 7 septembre 2026, le prix du minerai de fer a brièvement retrouvé 100 USD la tonne, une première en sept semaines, selon l'Agence Ecofin. Cette remontée, fragile, survient alors que la Guinée voit enfin entrer en production Simandou, mégaprojet attendu depuis près de trente ans. Mais ce succès ne doit pas masquer le sort d'autres gisements historiques, comme Kalia, qui attend toujours sa mise en valeur depuis vingt ans, illustrant les défis de la diversification minière du pays.
Simandou en production, Kalia attend : le défi de la diversification minière
Le 7 septembre 2026, le prix du minerai de fer a brièvement retrouvé 100 USD la tonne, une première en sept semaines. La Guinée voit enfin entrer en production Simandou, mégaprojet attendu depuis près de trente ans. Mais ce succès ne doit pas masquer le sort d'autres gisements historiques, comme Kalia, qui attend toujours sa mise en valeur depuis vingt ans.
Deux décennies de projets miniers
Les défis de la diversification minière
Selon la Banque mondiale, la Guinée affiche un solde courant de -1,6 % du PIB et une inflation de 3,5 %. Le FMI fait état d'un solde budgétaire de -7,0 % du PIB et d'une dette publique brute de 48,1 % du PIB. La population est estimée à 15,1 millions par la Banque mondiale.
Un marché du fer sous tension, entre espoirs et incertitudes
L'Agence Ecofin rapporte que le prix du minerai de fer a retrouvé la barre des 100 USD la tonne le 7 septembre, après sept semaines de baisse. Ce rebond s'explique par des perspectives de hausse de l'offre, mais aussi par une demande chinoise toujours faible, qui maintient le marché sous pression. Ces fluctuations ont des conséquences directes sur les projets miniers en production comme sur ceux en développement, dont la viabilité dépend étroitement des cours mondiaux.
Simandou, entré en production fin 2025, est présenté comme un « game changer » économique pour la Guinée, mais il ne doit pas éclipser d'autres projets historiques du pays, toujours en quête d'avancées, souligne l'Agence Ecofin. Le gisement de Kalia, situé dans la préfecture de Faranah, à environ 360 km à l'est de Conakry, recèle 7,2 milliards de tonnes de ressources ferrifères, réparties entre les zones de Kalia I et Kalia II. Son histoire moderne commence en 2007, lorsque la société australienne Bellzone Mining en acquiert les droits et lance les premiers travaux d'exploration.
Kalia : vingt ans d'attente et des financements avortés
Deux ans après le début de l'exploration, en juillet 2009, Bellzone annonce une première ressource inférée de 2,4 milliards de tonnes de magnétite sur Kalia I, selon l'Agence Ecofin. Les données disponibles laissaient déjà entrevoir un potentiel bien supérieur, la compagnie évoquant plus de 13 milliards de tonnes. En 2010, Bellzone signe avec China International Fund (CIF) un accord prévoyant jusqu'à 2,7 milliards USD pour financer les infrastructures ferroviaires et portuaires, auxquels pourrait s'ajouter 1,2 milliard USD pour la mine. L'ambition était alors de démarrer la production dès 2014, mais le projet n'a jamais abouti, victime des aléas du marché et des difficultés de financement.
Ce contraste entre Simandou, qui a mobilisé des consortiums internationaux et des infrastructures colossales, et Kalia, toujours à l'arrêt, illustre les inégalités d'accès aux capitaux et aux partenaires techniques. La Guinée, qui a fait de la rente minière un outil d'indépendance monétaire, comme l'ont rappelé les présidents Touré et Conté dans le passé, se retrouve face à un paradoxe : un sous-sol parmi les plus riches du monde, mais une capacité limitée à en tirer profit de manière diversifiée.
Souveraineté agricole et dépendances : le Mali face au déficit d'engrais
À quelques centaines de kilomètres de là, le Mali est confronté à un autre défi de souveraineté : celui de la sécurité alimentaire. Selon fr.apanews.net, une mission gouvernementale a constaté la reconversion de 12 123 hectares dans le bassin agricole du sud du pays, en raison du retard et de l'insuffisance des intrants agricoles. Cette tournée, effectuée les 5 et 6 septembre par le ministre malien de l'Agriculture, Ibrahima Samaké, a notamment évalué l'état des cultures dans la région de Dioïla, intégrée au principal bassin cotonnier du pays.
À Fana, à environ 120 kilomètres à l'est de Bamako, la direction locale de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT), entreprise à participation publique, a fait état de ces 12 123 hectares reconvertis. Dans la même zone, 305 791 hectares ont été consacrés aux céréales, contre 305 948 hectares lors de la campagne précédente, une stabilité qui contraste avec les difficultés d'approvisionnement en semences et en engrais signalées par les producteurs. Les autorités ont jugé satisfaisant l'état des parcelles visitées, mais le constat est plus sombre au niveau national.
Des stocks d'engrais à 22 % des besoins : un risque pour la campagne
Le Système mondial d'information et d'alerte rapide de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a publié, le 27 août, un rapport selon lequel les stocks d'engrais disponibles au Mali ne représentaient que 22 % des besoins nationaux, rapporte fr.apanews.net. Ce chiffre, alarmant, intervient alors que les prix des engrais avaient déjà augmenté entre février et mars, renchérissant le coût des intrants pour les producteurs. La dépendance du Mali aux importations d'engrais, couplée à une instabilité sécuritaire qui perturbe les circuits d'approvisionnement, fragilise une campagne agricole cruciale pour un pays où l'agriculture emploie la majorité de la population.
Cette situation n'est pas sans rappeler les défis rencontrés par d'autres pays de la région, où la souveraineté alimentaire est devenue un enjeu majeur. Au Burkina Faso et au Mali, l'orpaillage illégal constitue une alternative économique pour de nombreuses communautés, mais il détourne aussi une main-d'œuvre potentielle de l'agriculture. Par ailleurs, la pression sur les ressources naturelles s'accentue, comme en témoigne la production de gaz naturel GTA au Sénégal et en Mauritanie, qui redessine les équilibres énergétiques régionaux, ou encore l'exploitation de la bauxite en Guinée, qui demeure le principal pilier des exportations du pays.
La Guinée et le Mali illustrent deux facettes d'une même quête de souveraineté économique en Afrique de l'Ouest. D'un côté, la valorisation des ressources minières, avec Simandou comme étendard, mais aussi des projets en suspens comme Kalia, qui rappellent que la simple présence de gisements ne suffit pas. De l'autre, la nécessité de sécuriser les intrants agricoles pour garantir l'autosuffisance alimentaire, alors que les cours mondiaux et les tensions géopolitiques bouleversent les chaînes d'approvisionnement. Ces défis, communs à de nombreux pays de la région, appellent à une réflexion plus large sur les modèles de développement, entre exploitation des ressources extractives et consolidation des secteurs productifs.