Le lancement d'un groupe BNI dans la région espagnole du Campo de Montiel illustre la force des réseaux de networking dans le développement économique local. En Afrique de l'Ouest, des initiatives similaires gagnent du terrain dans les secteurs minier et énergétique, redessinant les dynamiques de souveraineté et de captation des revenus extractifs. Cette tendance interroge le rôle des intermédiaires privés dans la gouvernance des ressources.
Networking minier : le nouveau levier de souveraineté ?
Des cercles d’affaires locaux (BNI, clubs sectoriels) émergent au Ghana, Burkina Faso, Côte d’Ivoire pour mutualiser appels d’offres, permis et capitaux face aux multinationales.
En bref
Contexte macroéconomique
Lecture : Dans un environnement de faible inflation et d’IDE modérés, les réseaux de networking permettent aux PME de capter une part des flux extractifs sans attendre les capitaux étrangers.
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Depuis plusieurs années, des plateformes de mise en relation professionnelle comme BNI (Business Network International) essaimient au-delà des économies occidentales. Si l'initiative récente à Villanueva de los Infantes en Espagne peut sembler lointaine, elle révèle un modèle d'organisation qui séduit aussi les entrepreneurs ouest-africains du secteur extractif. Au Ghana, au Burkina Faso ou en Côte d'Ivoire, des cercles de chefs d'entreprise se structurent autour du partage de références et de capitaux, dans des filières où la confiance et les connexions sont cruciales pour accéder aux marchés publics et aux permis.
Un outil pour la souveraineté énergétique régionale?
Dans le domaine des mines et de l'énergie, ces réseaux permettent aux acteurs locaux de mieux concurrencer les multinationales. En mutualisant les informations sur les appels d'offres et les exigences réglementaires, les PME ouest-africaines peuvent capter une part plus importante de la valeur ajoutée. Par exemple, des groupes de networking spécialisés dans le solar business se sont formés au Sénégal et au Niger, facilitant l'émergence de consortiums locaux pour des projets d'électrification rurale. Cette dynamique pourrait renforcer la souveraineté énergétique en réduisant la dépendance aux opérateurs étrangers.
Revenus miniers et intermédiation locale
Les États tirent traditionnellement leurs revenus miniers des taxes et royalties payées par les grandes compagnies. Mais l'essor de réseaux d'affaires entre petits exploitants et fournisseurs locaux modifie la répartition de la rente. Au Mali et en Guinée, des associations d'entrepreneurs miniers, calquées sur le modèle BNI, négocient collectivement des conditions d'approvisionnement et de crédit. Cela améliore leur marge et, in fine, la base imposable. Toutefois, ce phénomène reste embryonnaire et inégal selon les pays.
Enjeux géopolitiques et régulation
L'expansion de ces réseaux pose aussi des défis de gouvernance. Certains groupes de networking, opérant de façon informelle, peuvent contourner les cadres légaux ou favoriser des pratiques de favoritisme. Les autorités ouest-africaines cherchent à encadrer ces dynamiques, à l'image du Nigeria qui a introduit en 2025 un registre obligatoire pour les associations professionnelles du secteur extractif. L'équilibre entre innovation entrepreneuriale et contrôle étatique reste à trouver.
Une tendance de fond
L'émergence de réseaux structurés de chefs d'entreprise dans les mines et l'énergie en Afrique de l'Ouest s'inscrit dans un mouvement global de professionnalisation du secteur artisanal et de montée en compétence des acteurs locaux. Des initiatives comme le West African Mining Network, lancé en 2024 à Accra, montrent que le networking devient un levier stratégique pour peser dans les négociations avec les opérateurs internationaux. L'avenir de la souveraineté énergétique régionale se jouera peut-être autant dans les salles de réunion que dans les gisements.
Le développement de réseaux d'affaires dans le secteur extractif ouest-africain reflète une aspiration à plus d'autonomie économique. Reste à savoir si ces structures sauront rester inclusives et transparentes pour ne pas reproduire les asymétries qu'elles prétendent corriger.