Ce lundi 4 mai, des frappes iraniennes contre les Émirats arabes unis ont ravivé les tensions autour du détroit d’Ormuz, par où transite un cinquième du pétrole mondial. Les prix du brut ont bondi, ranimant l’espoir de revenus accrus pour les États producteurs d’Afrique de l’Ouest. Mais cette hausse fragilise aussi leur souveraineté énergétique, alors que la région cherche à réduire sa dépendance aux hydrocarbures.
L’attaque, coordonnée avec une opération américaine pour rétablir la navigation, marque une escalade après un cessez-le-feu fragile depuis le 8 avril. Le site pétrolier de Fujaïrah, l’un des rares à contourner Ormuz, a été visé, illustrant la vulnérabilité des infrastructures énergétiques régionales. Pour l’Afrique de l’Ouest, cet épisode rappelle la volatilité des marchés pétroliers et la nécessité de diversifier les débouchés.
Les producteurs comme le Nigeria et l’Angola, très dépendants de leurs exportations de brut, pourraient profiter à court terme d’un baril plus cher. En avril, les cours oscillaient déjà autour de 85 dollars, mais un choc d’offre lié à Ormuz pourrait les pousser au-delà de 100 dollars. Cela offrirait un répit budgétaire à des États souvent en déficit. Cependant, l’incertitude géopolitique freine les investissements nécessaires pour maintenir la production, déjà affaiblie par le manque de maintenance et la fuite des capitaux.
Par ailleurs, la montée des tensions au Moyen-Orient accélère la réflexion sur la sécurité énergétique en Afrique de l’Ouest. Les pays comme le Ghana et la Côte d’Ivoire, qui cherchent à développer leur raffinage local, voient dans cette crise une opportunité de renforcer leur autonomie. Mais sans infrastructures suffisantes, ils restent exposés aux fluctuations mondiales. En outre, la transition énergétique et les pressions climatiques compliquent la donne : les hydrocarbures ne sont plus une garantie de développement durable.
Au-delà du choc immédiat, cet épisode interroge la place du pétrole dans le développement ouest-africain. Alors que les prix grimpent, la tentation d’un retour à l’or noir est forte, mais les risques de dépendance et d’instabilité persistent. L’Afrique de l’Ouest doit-elle accélérer sa diversification économique ou miser sur une manne pétrolière peut-être éphémère ?