La Banque centrale des États de l'Afrique de l’Ouest a publié ses états financiers 2025, révélant un bénéfice net en baisse de 14 % à 587,9 milliards de FCFA, mais des réserves de change record en hausse de 91 %. Ce contraste interroge sur les arbitrages de la politique monétaire dans un contexte de croissance forte (6,7 %) et d’inflation maîtrisée. Alors que le Comité de politique monétaire maintient une orientation accommodante, ces résultats soulignent les tensions entre accumulation de réserves, rentabilité et soutien à l’économie régionale.

Le contexte macroéconomique régional est favorable : la croissance de l’UEMOA a accéléré à 6,7 %, portée par les services et les industries extractives. La circulation fiduciaire a augmenté de 20 %, signe d’un dynamisme des transactions. Dans ce cadre, la politique monétaire accommodante semble adaptée. Toutefois, la forte hausse des réserves de change, conjuguée à une baisse du bénéfice, pose la question de l’équilibre entre accumulation de réserves de précaution et soutien actif à l’investissement régional.

Au-delà des chiffres annuels, ces états financiers esquissent les défis structurels de la BCEAO : concilier la stabilité externe du franc CFA, le financement de la croissance et sa propre rentabilité. Alors que les discussions sur une réforme monétaire en Afrique de l’Ouest se poursuivent, ces indicateurs constituent un baromètre de la santé de l’institution, mais aussi un révélateur des choix politiques à venir pour la zone.