La Banque mondiale a approuvé un financement additionnel de 163 millions de dollars pour le Projet de cohésion sociale dans les régions du nord du golfe de Guinée (COSO), dont le Togo est l'un des principaux bénéficiaires. Cette nouvelle enveloppe vise à étendre les interventions dans les zones frontalières confrontées à l'insécurité sahélienne et aux effets du changement climatique. Ce geste s'inscrit dans une série d'initiatives régionales de stabilisation, alors que les réformes macroéconomiques engagées en UEMOA commencent à porter leurs fruits.

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Le financement additionnel de 163 millions de dollars permettra d'étendre les activités du projet COSO à 1,9 million de personnes supplémentaires au Togo, au Bénin et en Côte d'Ivoire. Il prévoit le financement de plus de 2 200 sous-projets communautaires, la création d'environ 52 000 emplois directs – principalement pour les jeunes et les femmes – et le soutien à plus de 600 entreprises locales. Ces chiffres témoignent de l'ambition du programme, qui vise à renforcer la résilience économique et sociale des populations vivant dans les zones les plus vulnérables de ces trois pays.

Les régions septentrionales du Togo, où le projet est déjà déployé, cumulent les fragilités : insécurité liée à la crise sahélienne, afflux de réfugiés et de personnes déplacées, pauvreté chronique et manque d'infrastructures de base. Le nouveau financement vient consolider les acquis du programme initial, en mettant l'accent sur l'accès aux services sociaux, le développement d'infrastructures communautaires et les activités génératrices de revenus. « L'emploi, en particulier pour les jeunes, est au cœur de ce projet », a souligné Trina Haque, directrice régionale du pôle Populations de la Banque mondiale pour l'Afrique de l'Ouest.

Le Togo n'est pas seul concerné. Le Bénin et la Côte d'Ivoire, également confrontés à des défis sécuritaires et climatiques dans leurs zones frontalières, bénéficient de cette enveloppe. Ce choix reflète une approche régionale de la cohésion sociale, indispensable face à des menaces qui ignorent les frontières. La coordination entre les trois pays sera cruciale pour éviter les redondances et maximiser l'impact des interventions.

Ce financement intervient dans un contexte régional en pleine mutation. Depuis mai 2026, plusieurs signaux montrent une dynamique de consolidation macroéconomique en Afrique de l'Ouest. Le Ghana a achevé sa dernière revue du programme FMI, clôturant un plan de sauvetage de 3 milliards de dollars. Parallèlement, les dirigeants réunis à Lagos ont élaboré une feuille de route pour renforcer la stabilité régionale. Dans l'UEMOA, les réformes de resserrement monétaire et de rationalisation des dépenses publiques commencent à produire des effets, comme en témoigne la performance économique observée.

La Banque mondiale elle-même a multiplié les initiatives pour soutenir la région : en mai 2026, elle a annoncé un renforcement du financement en devise locale pour l'UEMOA, visant à soutenir le secteur privé et la création d'emplois. Le projet COSO s'inscrit dans cette tendance, en combinant financement concessionnel et objectifs de développement social. Il illustre la volonté des partenaires internationaux d'adapter leurs instruments aux réalités locales, tout en répondant aux urgences sécuritaires et climatiques.

Au Togo, les défis de mise en œuvre restent nombreux. La coordination entre les acteurs nationaux et locaux, la gestion des flux migratoires et la nécessité d'assurer la durabilité des infrastructures sont autant d'enjeux. Mais le projet apporte une réponse concrète aux besoins immédiats des populations, tout en s'inscrivant dans une logique de long terme. Les 52 000 emplois directs attendus pourraient amorcer un cercle vertueux dans des zones où le chômage des jeunes alimente l'instabilité.

Au-delà des chiffres, ce financement révèle une prise de conscience : la sécurité dans le golfe de Guinée ne peut être dissociée du développement économique et de la cohésion sociale. Les régions frontalières, souvent négligées, deviennent des priorités stratégiques. Le succès du projet COSO dépendra de sa capacité à fédérer les communautés autour de projets concrets, tout en s'adaptant aux évolutions du contexte sécuritaire.

Ce financement illustre la prise de conscience croissante des liens entre fragilité, climat et économie dans le nord du golfe de Guinée. Alors que la région cherche à consolider les acquis des réformes macroéconomiques, la question de la résilience des communautés frontalières reste un enjeu central pour la stabilité à long terme. Reste à voir si d'autres bailleurs emboîteront le pas, dans un contexte où les besoins dépassent largement les capacités de réponse actuelles.