Daystar Power installe une centrale solaire de 1,9 MWc pour Olam Agri au Ghana. Ce contrat illustre la montée en puissance des solutions solaires décentralisées dans l'industrie ouest-africaine, confrontée à des coûts énergétiques élevés et à un réseau électrique instable. Une tendance qui redessine le paysage énergétique de la région.

L'annonce, vendredi 24 avril, par Daystar Power de la signature d'un contrat avec Olam Agri Ghana pour la construction d'une centrale photovoltaïque en toiture de 1,9 MWc dans le corridor industriel de Tema s'inscrit dans une dynamique bien plus large. Les industriels ouest-africains font face à deux contraintes majeures : un réseau électrique public souvent intermittent et un coût élevé de l'autoproduction au diesel (souvent supérieur à 0,20 USD/kWh). Le solaire, avec des coûts de production désormais inférieurs à 0,08 USD/kWh sur la durée de vie, devient une alternative compétitive.

Le projet de Kpong est le troisième de ce type entre Daystar Power et une entité d'Olam au Ghana, après ceux réalisés pour Olam Biscuit et Olam Culinary. Au total, le groupe Olam compte désormais sept sites équipés par Daystar en Afrique de l'Ouest, dont plusieurs au Nigeria. Cette progression témoigne de la confiance des grands groupes agro-industriels dans les modèles de contrat d'achat d'électricité (PPA) solaire, qui permettent de lisser les investissements sans mobiliser de capitaux importants.

Daystar Power, filiale de Shell, capitalise sur cette demande. Au Nigeria, sa capacité installée dans la seule zone industrielle d'Agbara a atteint 14,7 MW, alimentant huit entreprises. La société déploie un modèle intégré : conception, construction, exploitation et maintenance, souvent avec un raccordement au réseau – ce qui permet de combiner les apports solaires avec l'électricité publique et, le cas échéant, des batteries de secours. Cette approche hybride réduit la dépendance au diesel tout en garantissant une alimentation continue.

Pour les économies ouest-africaines, cette pénétration du solaire industriel a des implications macroéconomiques. Elle améliore la compétitivité des entreprises en réduisant leurs factures énergétiques, diminue les importations de carburant (allégeant la pression sur les réserves de change) et contribue aux objectifs de la CEDEAO en matière d'énergies renouvelables – la région vise 38 % d'énergies propres dans son mix d'ici 2030. Elle soulève aussi des questions : comment les États et les régulateurs (notamment au sein de l'UEMOA) accompagneront-ils ce mouvement sans déstabiliser les compagnies nationales d'électricité, souvent fragiles ?

Au-delà du cas Olam, le signal est clair : l'énergie solaire décentralisée n'est plus une niche. Elle répond à un besoin structurel des industriels, et des acteurs privés comme Daystar Power, Engie (via Mobisol) ou encore CrossBoundary Energy étendent leurs portefeuilles dans la région.

La multiplication de projets solaires en toiture dans les zones industrielles ouest-africaines dessine les contours d'un nouveau modèle énergétique, où l'autoproduction sélective vient suppléer un réseau public encore insuffisant. Reste à savoir si les politiques publiques sauront intégrer cette décentralisation dans une planification cohérente à l'échelle régionale.