Le 23 juin 2026, la Chambre de commerce et d'industrie du Togo a rendu hommage à Gervais Koffi Djondo et Paul Kammogne Fokam, deux figures majeures de l'entrepreneuriat africain. À travers la présentation de l'ouvrage « Deux capitaines d'industrie se racontent », cet événement a souligné l'importance des institutions financières panafricaines bâties depuis Lomé. Il intervient alors que des initiatives comme le mécanisme AFAWA de la Banque africaine de développement et la récente garantie de crédit de la BAD à Ecobank Centrafrique illustrent une dynamique de renforcement de la finance locale et inclusive.
Hommage aux bâtisseurs d’Ecobank & Afriland
Le réveil des institutions financières africaines
ECOBANK (1985)
Un pari panafricain parti de Lomé
Avec 5 millions de capital initial, Ecobank est devenue un réseau bancaire présent dans plus de 30 pays. Un modèle qui inspire aujourd’hui les mécanismes de finance inclusive comme AFAWA (BAD) et les garanties de crédit en Afrique centrale.
Les bâtisseurs & leurs institutions
Gervais K. Djondo
Cofondateur Ecobank & ASKY Airlines
→ ASKY Airlines
Paul K. Fokam
Fondateur Afriland First Bank
Banque panafricaine
CCI-Togo
Chambre de commerce et d’industrie
23 juin 2026
En bref
Deux capitaines d’industrie
Gervais Koffi Djondo (Ecobank, ASKY) et Paul Kammogne Fokam (Afriland) honorés à la CCI-Togo pour leur vision panafricaine.
Un ouvrage pour transmettre
« Deux capitaines d’industrie se racontent » retrace leurs parcours et veut inspirer les jeunes générations africaines.
Finance locale en mouvement
L’hommage intervient alors que la BAD renforce la finance inclusive via AFAWA et une garantie de crédit à Ecobank Centrafrique.
Un hommage aux bâtisseurs d'institutions panafricaines
Le 23 juin 2026, dans l'enceinte de la Chambre de commerce et d'industrie du Togo (CCI-Togo), une cérémonie sobre mais significative a réuni acteurs économiques et officiels autour de deux hommes dont les noms sont associés à la construction d'un paysage financier africain autonome. Gervais Koffi Djondo, cofondateur d'Ecobank et de la compagnie aérienne ASKY Airlines, et Paul Kammogne Fokam, fondateur d'Afriland First Bank, ont été honorés à travers le lancement d'un ouvrage collectif retraçant leurs parcours et leur vision pour le continent. Cette initiative, portée par la CCI-Togo, visait à mettre en lumière des trajectoires entrepreneuriales capables d'inspirer les jeunes générations africaines, comme l'a souligné José Kwassi Symenouh, président de l'institution.
Ecobank et ASKY : l'empreinte de Lomé
Gervais Koffi Djondo a posé à Lomé les fondations d'Ecobank en 1985, aujourd'hui présent dans plus de trente pays africains. Le groupe bancaire panafricain indépendant a construit un réseau qui facilite le commerce intra-africain et l'intégration régionale. ASKY Airlines, lancée en 2010 avec son hub à Lomé, a conforté la position du Togo comme plaque tournante du transport aérien régional. Ces deux institutions incarnent la vision de Djondo : créer des structures africaines capables de connecter le continent, tant financièrement que physiquement.
Afriland First Bank et le modèle de la finance inclusive
De son côté, Paul Kammogne Fokam a développé Afriland First Bank sur un modèle centré sur le développement local, le soutien aux petites et moyennes entreprises (PME) et l'inclusion financière. Lors de la cérémonie, il a insisté sur la nécessité de surmonter les obstacles historiques pour bâtir des entreprises et des institutions financières endogènes. Son approche, qui privilégie le financement de proximité, résonne avec les défis actuels d'accès au crédit pour les PME et les femmes entrepreneurs sur le continent.
Une reconnaissance qui intervient dans un contexte de renforcement des institutions financières africaines
Cet hommage survient dans une période où plusieurs mécanismes soutiennent la montée en puissance des banques locales. En mai 2026, la Banque africaine de développement (BAD) a accordé une facilité de garantie de crédit de 5 millions d'euros à Ecobank Centrafrique via son initiative AFAWA (Affirmative Finance Action for Women in Africa). Ce dispositif vise à réduire les barrières rencontrées par les femmes chefs d'entreprise pour obtenir des financements bancaires. Par ailleurs, les résultats d'Ecobank Transnational Incorporated, dont la maison mère est cotée, montrent une progression de ses activités en Afrique de l'Ouest et centrale. Ces évolutions témoignent d'une dynamique où les institutions panafricaines, portées par une vision de long terme, deviennent des vecteurs essentiels de l'intégration économique et de la transformation structurelle.
Le rôle des modèles pour la jeunesse entrepreneuriale
Au-delà du volet financier, la cérémonie a mis en avant la nécessité de disposer de références africaines capables de susciter des vocations. « Nous avons besoin de modèles africains capables d'inspirer les futures générations », a affirmé José Kwassi Symenouh. Dans un contexte où l'entrepreneuriat jeune est souvent freiné par le manque de capitaux et d'exemples visibles, les parcours de Djondo et Fokam offrent une démonstration concrète que des institutions solides peuvent naître et prospérer sur le continent. L'ouvrage collectif présenté, qui rassemble treize contributions autour de la gouvernance et du leadership, ambitionne de transmettre ces enseignements aux décideurs de demain.
En filigrane, cet événement révèle une prise de conscience : l'avenir économique de l'Afrique passe par la consolidation de ses propres institutions financières, ancrées dans les réalités locales et capables d'accompagner le développement des PME et des infrastructures. Le dialogue entre les héritages de Djondo et Fokam et les initiatives récentes de la BAD et d'Ecobank illustre une continuité dans la construction d'un écosystème financier panafricain.
En honorant ces deux capitaines d'industrie, le Togo ne fait pas que célébrer le passé : il rappelle que la souveraineté économique africaine se bâtit sur des institutions endogènes, forgées par la persévérance d'entrepreneurs visionnaires. Alors que les mécanismes de financement inclusif se multiplient, la question demeure de savoir si les jeunes pousses entrepreneuriales pourront bénéficier de modèles aussi structurants pour escalader leurs propres ambitions.