Le FMI a approuvé lundi 28 juillet 2026 une nouvelle tranche de 371 millions de dollars dans le cadre du programme de 3 milliards accordé au Ghana en 2023. Une décision qui intervient alors que le pays achève la restructuration de sa dette et affiche une amélioration de ses indicateurs macroéconomiques. Pourtant, des fragilités subsistent, notamment du côté de la banque centrale, et le chemin vers une reprise durable reste semé d'embûches.

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Un satisfecit nuancé de Washington

Le Fonds monétaire international (FMI) a jugé « globalement satisfaisants » les résultats du Ghana dans le cadre du programme de 3 milliards de dollars conclu en mai 2023. Cette évaluation positive a ouvert la voie au décaissement de la sixième tranche, d’un montant de 371 millions de dollars. Dans son communiqué, le FMI souligne une amélioration de la performance budgétaire, un niveau de réserves de change plus élevé et des progrès significatifs dans la restructuration de la dette publique. « La restructuration globale de la dette est en grande partie achevée et le risque de surendettement du Ghana est revenu à un niveau modéré », s’est félicité le directeur général adjoint, Bo Li.

Le pari de la restructuration de la dette

L’élément clé de cette embellie est l’allègement de la dette obtenu auprès des créanciers bilatéraux. Le FMI indique que la notation de risque de surendettement a été relevée après la signature d’accords avec plus de la moitié des créanciers publics. Les négociations se poursuivent « de bonne foi » avec les créanciers commerciaux extérieurs, ce qui laisse entrevoir une normalisation prochaine de l’accès aux marchés financiers. Ce redressement contraste avec la situation de 2022, lorsque le Ghana, asphyxié par une dette explosive, une inflation à deux chiffres et une monnaie en chute libre, avait dû solliciter l’aide du FMI.

Des réformes qui portent leurs fruits

Depuis l’arrivée au pouvoir du président John Mahama en décembre 2024, la continuité des réformes a été assurée. Le ministre des Finances, Cassiel Ato Forson, a insisté devant le Parlement sur le respect de la quasi-totalité des critères de performance. Seul un indicateur a été manqué : le plafond du crédit accordé par la banque centrale à l’État et aux entités publiques a été dépassé. Le FMI a accordé une dérogation, mais cet écart rappelle que la discipline monétaire reste un enjeu central. L’inflation, bien que revenue à des niveaux plus soutenables, n’est pas encore sous contrôle.

Les défis sous-jacents

Le satisfecit du FMI ne doit pas occulter les fragilités structurelles. La reprise économique demeure tributaire des cours des matières premières – or et cacao – qui peuvent fluctuer brutalement. Par ailleurs, le secteur bancaire, encore convalescent après la crise de 2022, peine à restaurer la confiance. L’assainissement des finances publiques s’est accompagné de mesures d’austérité qui pèsent sur le pouvoir d’achat des ménages et pourraient alimenter des tensions sociales. Enfin, l’écart sur le crédit de la banque centrale montre que la coordination entre politique budgétaire et monétaire reste imparfaite.

Une évolution notable depuis le début du programme

Il y a trois ans, le Ghana était au bord du défaut de paiement. Les réformes engagées – notamment la restructuration de la dette domestique et la réduction du déficit budgétaire – ont permis de stabiliser l’économie. Mais la comparaison avec d’autres pays de la région, comme la Côte d’Ivoire ou le Sénégal, montre que le chemin est encore long. Ces pays, bien que confrontés à leurs propres défis, n’ont pas connu une crise aussi profonde. La question qui se pose est celle de la soutenabilité à long terme : le Ghana pourra-t-il consolider ses acquis sans retomber dans une spirale d’endettement ?

Perspectives régionales

Le cas ghanéen offre des enseignements pour l’ensemble de la zone UEMOA et de la CEDEAO. La gestion de la dette publique est devenue une préoccupation majeure partout, comme en témoignent les débats au Sénégal ou les programmes FMI dans plusieurs pays. La crédibilité retrouvée du Ghana pourrait attirer les investisseurs étrangers et servir de modèle, mais elle repose sur une discipline de fer que tous les États de la région ne sont pas en mesure d’imposer.

Alors que le Ghana s’extirpe progressivement de la crise, l’attention se tourne vers la capacité du pays à maintenir le cap après la fin du programme FMI. La réussite de cette transition conditionnera non seulement la prospérité du Ghana, mais aussi la perception de la région par les marchés internationaux.