Le gouvernement ivoirien a présenté le bilan de son Plan national de développement (PND) 2021-2025, affichant 6,82 milliards $ de dépenses dites « pro-pauvres » sur la période. Le nombre de ménages bénéficiaires des filets sociaux a plus que doublé, passant de 227 000 à 527 000. Cette performance interroge sur la reproductibilité d'un tel modèle dans l'UEMOA, alors que plusieurs pays voisins peinent à concilier rigueur budgétaire et protection sociale.
Dépenses pro-pauvres : +25 % en 5 ans
Le gouvernement ivoirien a consacré 6,82 milliards $ aux dépenses pro-pauvres en 2025, contre 5,44 milliards $ en 2021. Une hausse de 25 % qui interroge sur la reproductibilité du modèle dans l'UEMOA.
Indicateurs sociaux clés
Infrastructures réalisées (2021-2025)
La Côte d'Ivoire a consacré 6,82 milliards $ aux dépenses pro-pauvres en 2025, soit une hausse de 25 % depuis 2021. Plusieurs pays voisins peinent à concilier rigueur budgétaire et protection sociale. Le défi : maintenir cet effort tout en maîtrisant la dette (56,3 % du PIB selon le FMI).
Le ministre du Plan et du Développement, Souleymane Diarrassouba, a détaillé les résultats du PND 2021-2025 lors d'une présentation à Abidjan le 29 mai 2026. Les dépenses pro-pauvres sont passées de 5,44 milliards $ en 2021 à 6,82 milliards $ en 2025, soit une hausse de 25 %. Cette progression s'est accompagnée d'une amélioration tangible des indicateurs sociaux, notamment dans l'éducation, la santé et l'accès à l'eau potable.
Un investissement massif dans le capital humain Dans le secteur éducatif, 6 777 salles de classe et 227 collèges et lycées ont été construits, portant le taux d'achèvement du premier cycle du secondaire de 60,7 % à 81,1 % entre 2021 et 2024. En santé, 1 051 établissements de premier contact ont été construits ou réhabilités, réduisant la distance moyenne à un centre de santé : la proportion de la population vivant à moins de cinq kilomètres d'un centre est passée de 70,1 % à 82 %. Par ailleurs, 23 millions de personnes étaient enrôlées à la Couverture maladie universelle fin 2025. L'accès à l'eau potable a atteint 86,7 %, avec une capacité de production d'eau à Abidjan dépassant un million de mètres cubes. Ces réalisations s'inscrivent dans une dynamique de long terme : depuis 2020, la Côte d'Ivoire a consacré en moyenne plus de 1,3 milliard $ par an aux dépenses sociales, un effort budgétaire soutenu malgré les chocs externes (Covid-19, inflation). Le doublement des bénéficiaires des filets sociaux, de 227 000 à 527 000 ménages, illustre une volonté de cibler les plus vulnérables. Toutefois, la question de l'efficacité réelle de ces dépenses se pose : les transferts monétaires et les infrastructures ont-ils permis une réduction significative de la pauvreté, qui reste élevée (environ 40 % de la population ?)
Quels enseignements pour la région ? Les pays de l'UEMOA, confrontés à des contraintes budgétaires (dette publique croissante, pression fiscale limitée), observent avec attention le modèle ivoirien. Le Sénégal, par exemple, peinait encore en 2025 à atteindre un taux de couverture sociale comparable, tandis que le Burkina Faso faisait face à des tensions sécuritaires réduisant sa marge de manœuvre. La Côte d'Ivoire a bénéficié d'une croissance économique soutenue (7 % en moyenne sur la période) et d'une relative stabilité politique, conditions favorables. Cependant, la soutenabilité de ces dépenses est un enjeu : le stock de dette publique ivoirienne atteignait 57 % du PIB fin 2025. Le FMI, dans son dernier rapport, a appelé à une consolidation budgétaire progressive. Si les investissements sociaux ont indéniablement amélioré des indicateurs, leur impact sur la réduction de la pauvreté et les inégalités reste à documenter plus finement.
Le bilan du PND 2021-2025 place la Côte d'Ivoire en tête des pays de l'UEMOA en matière d'investissement social, mais interroge sur le financement durable de tels programmes dans un contexte de resserrement budgétaire régional. La capacité à maintenir ces efforts tout en réduisant la dépendance à la dette sera le véritable test pour Abidjan et ses voisins.
Données de référence : Croissance du PIB réel : 6.5% (FMI)